Collège au cinéma – Film 1 : Alice GUY

Alice Guy, une pionnière du cinéma programme de courts métrages

France – 1899-1907 – 53 min

  • FAUST ET MÉPHISTOPHÉLÈS – 1903 – 2 min Grâce à Méphistophélès, Faust redevient jeune et cherche à conquérir Marguerite, mais se heurte aux visions trompeuses du démon.
  • DANSE SERPENTINE PAR BOB WALTER – 1899 – 1 min 30 Bob Walter, imitatrice de Loïe Fuller, interprète sur scène la chorégraphie de la danse serpentine.
  • LE MATELAS ALCOOLIQUE – 1906 – 10 min 30 Un ivrogne se cache dans le matelas d’une matelassière partie au café. Le matelas devient incontrôlable, puis sème l’effroi chez les clients avant que le trouble-fête ne soit emmené par un gendarme.
  • LA MARÂTRE – 1906 – 8 min Veuf, un père élève seul son fils dans la misère. Il épouse une voisine venue les aider, avant de comprendre qu’elle bat l’enfant en son absence. Il la chasse alors avec sa fille.
  • QUESTIONS INDISCRÈTES – vers 1906 – 3 min 30 Félix Mayol chante « Questions indiscrètes », où il raconte sa tentative de séduction de Rosine, une voisine d’immeuble.
  • LE FILS DU GARDE-CHASSE – 1906 – 5 min En suivant en secret son père, garde-chasse, un jeune garçon voit deux braconniers provoquer sa chute mortelle. Il se lance alors sur leurs traces, et aide les gendarmes à les rattraper.
  • CHIRURGIE FIN DE SIÈCLE – 1900 – 2 min 10 Après l’amputation d’un bras et d’une jambe, des internes improvisent pour reconstituer tant bien que mal leur patient, qui découvre avec bonheur ses nouveaux membres.
  • LA FÉE AUX CHOUX OU LA NAISSANCE DES ENFANTS – 1900 – 1 min Au milieu d’un champ de choux, une fée récolte un par un des bébés, et les présente au spectateur.
  • SUR LA BARRICADE – 1907 – 4 min 30 Un jeune garçon, confondu avec un insurgé pendant la Commune alors qu’il allait chercher du lait, échappe au peloton grâce au courage de sa mère et à la pitié du capitaine.
  • L’HIVER : DANSE DE LA NEIGE – 1900 – 1 min Une danseuse en ballerines, drapée d’une cape de plumes blanches, se dévoile peu à peu sous une pluie de flocons.
  • COUCHER D’UNE PARISIENNE – 1900 – 1 min Dans sa chambre, une jeune femme se dévêt avant de passer sa chemise de nuit et de se mettre au lit.
  • LES CHIENS SAVANTS – 1902 – 3 min 30 Miss Dundee présente sa troupe de chiens savants, qui enchaînent peinture, acrobaties et saynète mélodramatique.
  • CHIEN JOUANT À LA BALLE – 1905 – 1 min Un maître clown et son chien, plus agile que lui, s’affrontent au ballon.
  • CHAPELLERIE ET CHARCUTERIE MÉCANIQUES – 1900 – 1 min Une machine fantastique engloutit des animaux vivants et les transforme en saucisses d’un côté, en chapeaux de l’autre.
  • CHEZ LE PHOTOGRAPHE – 1900 – 1 min Un photographe cherche à faire poser un client qui ne tient pas en place. Après plusieurs échecs, ils se disputent et renversent l’appareil.
  • ALICE GUY TOURNE UNE PHONOSCÈNE DANS LES STUDIOS DES BUTTES-CHAUMONT – 1907 – 2 min Making of du tournage d’une phonoscène dans le grand studio vitré de Gaumont, où Alice Guy et ses assistants répètent pour filmer la danse du « Bal des Capulets » issu de l’opéra Roméo et Juliette.
  • BONSOIR – 1905 ou 1910 – 30 sec

Réalisatrice

Alice Guy, la première femme réalisatrice

Alice Guy a écrit et mis en scène la majorité des vues du catalogue Gaumont jusqu’à son départ aux États-Unis en 1907. Longtemps méconnue du grand public, elle est aujourd’hui remise en lumière en tant que première femme réalisatrice et directrice de studio de l’histoire du cinéma.

● Jeunesse et rencontre avec Léon Gaumont

Tout au long de sa vie, Alice Guy a multiplié les allers-retours entre les pays et les continents. Née à Saint-Mandé en 1873, elle grandit d’abord en Suisse avec sa grand-mère, loin de ses parents installés au Chili, qu’elle rejoint à l’âge de 4 ans. Son père est éditeur et libraire ; ce contact précoce avec la lecture a été décisif pour ses inspirations futures. Comme toute jeune fille de bonne famille, elle est ensuite placée dans un pensionnat religieux, en France, puis rejoint ses parents à Paris, revenus appauvris du Chili. Elle endosse tôt des responsabilités : son père meurt jeune ; elle doit travailler pour soutenir sa mère.

Elle se forme comme sténodactylographe, métier encore masculin à l’époque, puis rejoint comme secrétaire le Comptoir Général de Photographie, magasin spécialisé bientôt dirigé par Léon Gaumont. Là, elle côtoie beaucoup d’inventeurs, d’artistes et de notables amateurs de photographie, et s’initie à la technique. Elle est surtout aux premières loges pour assister aux balbutiements du cinéma. Collaborant avec l’ingénieur Georges Demenÿ, Léon Gaumont cherche à se lancer dans le marché de la photographie animée.

Dès mars 1895, Alice Guy aurait été présente avec lui à l’une des projections des frères Lumière, avant la première séance publique du Cinématographe, en décembre de la même année. Elle songe très tôt à se servir de cette invention pour raconter des histoires, et demande donc à son patron la permission de fabriquer ses propres films (on parlait alors de « vues »). Gaumont le lui permet, tant que ce loisir ne déborde pas sur ses missions de secrétaire. C’est durant cette période de liberté et d’expérimentation que « Mademoiselle Alice » réalise, sur une terrasse de la propriété de son patron à Belleville, La Fée aux choux, sa première création non-documentaire, inspirée du fameux mythe populaire de la naissance des enfants.

« Si on avait prévu le développement que prendrait l’affaire, je n’aurais jamais obtenu ce consentement. Ma jeunesse, mon inexpérience, mon sexe, tout conspirait contre moi » Alice Guy

Fiche élève : dossier pédagogique

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